Technique Vocale En Dix Minutes

(Et en bas de page : Que peut vous apporter l'aide médicale)

Parler ou chanter nécessite les mêmes phénomènes physiques et la même technique de base. Nous sommes des instruments à vent, ce qui veut dire que c'est le vent (l'air comprimé) qui, en passant au travers d'un rétrécissement (le larynx), provoque un son comme à la sortie d'un ballon de baudruche dont l'orifice serait pincé. Il en est de même d'une clarinette, d'un trombone ou de tout autre instrument à vent. Il en est de même aussi quand le vent s'engouffre dans une porte ou une fenêtre mal fermées. Le son IGNORE le vivant.

Puis le son se propage par vibration dans un milieu homogène (l'air), s'amplifie au travers de résonateurs (cavités), et là encore sans intelligence. Ce n'est qu'"a posteriori", que nous pouvons amodier le son fondamental obtenu, en agissant sur nos muscles afin de moduler

- sa hauteur (par les muscles du larynx et des abdominaux),

- sa richesse de timbre (par les muscles de la face et du palais),

- sa puissance (par les abdominaux),

- et son intelligibilité en formant des voyelles (palais mou +langue) et des bruits, obstacles plus ou moins hermétiques à la propagation du son appelés consonnes.

La fabrication du son est donc Inintelligente et ne requiert comme énergie que de l'air comprimé. La voix est donc la succession de trois phénomènes de physique universelle échappant totalement au vivant : phénomène pneumatique (dans les poumons), ondulatoire (au travers de la glotte du larynx), acoustique (dans la bouche). Seul, le phénomène articulatoire de prononciation change la voix en parole et dépend totalement de l'humain qui décide.

Tout ce mécanisme est contrôlé "a posteriori" par notre oreille, laquelle rectifie le résultat obtenu en fonction des paramètres qu'elle a en mémoire, mais n'a aucun moyen de rectifier ce qu'on entend... c'est trop tard. Il convient donc d'avoir une oreille cultivée en sons. Nous verrons plus loin que notre propre oreille peut être "abusée" et induite en erreur, source de difficulté. Quelle est la vraie voix du chanteur ou de l'orateur ? celle qu'entend son auditeur, celle qu'il entend de l'intérieur, ou celle qu'enregistre son magnétophone ?

Résumons la technique vocale en Deux Gestes et une Affirmation:

Souffler, comme dans un ballon de baudruche, dans une paille ou dans ses mains pour les réchauffer, avec ses abdominaux.

Timbrer le son sorti du larynx, de façon à ce qu'il soit audible, le plus beau possible et constant.

Ensuite, toute articulation destinée à rendre ces sons intelligibles au point de faire croire que l'on prononce un texte, ne peut que détruire ce qui a été élaboré. Donc prudence !

Tout (et son contraire) a été dit et écrit sur la technique vocale. Je suggère plusieurs autres sources d'information pour vous édifier :

- Pour l'instrument, LA VOIX de Guy CORNUT aux Editions Que Sais-je des Presses Universitaires de France, petit opuscule très facile à lire sur le fonctionnement de l'organe et ses dysfonctionnements.

- Plus général mais très complet, "Le Guide de la Voix" du Dr Yves ORMEZZANO aux Editions Odile Jacob

- Pour la technique vocale lyrique, LA STRUCTURE DU CHANT de Richard MILLER, aux Editions IPMC, ouvrage très complet, sauf peut être sur le ü français, un peu négligé par un anglophone et son erreur sur le rôle du diaphragme (inexistant dans la voix).

- Mes trois livres :

- Comment gérer sa voix

- Comment rééduquer les voix

- Comment apprendre et enseigner le chant

- Sur Internet, le site L'ATELIER DU CHANTEUR http://chanteur.net particulièrement fourni en exercices et explications.

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L'aide médicale ...

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Mon propos n'est pas de critiquer l'intevention du médical et du paramédical dans vos difficultés de voix, mais, par plus de 60 ans d'expérience en tant que patient aphone chronique et ensuite thérapeute, de vous amener à comprendre la différence entre Voix et Larynx.

Lorsque la première difficulté vocale survient, impossibilité d'émettre un son, parlé ou chanté, dysphonie ou dysodie, le chanteur ou l'orateur pense immédiatement à aller consulter son médecin généraliste.

Le temps de prendre rendez-vous, une ou deux nuits de sommeil profond, un peu de silence, et il s'entendra dire dans le cabinet du médecin, si celui ci l'examine avec un petit miroir : " ...mais votre larynx est en parfait état, vous n'avez rien ! " (sous-entendu puisque vous n'avez aucune pathologie, je n'ai pas compétence). La laryngite a disparu ! Perplexe, le patient retournera à ses pratiques de voix mal faites, mal comprises ou mal enseignées, et le processus recommencera.

Le larynx va donc se détériorer à nouveau, éventuellement se déformer, une mauvaise habitude va s'installer et notre ami retournera chez son médecin qui l'enverra probablement chez un spécialiste O.R.L. Il y a donc une forte probabilité que le médecin dise cette fois ci après un examen approfondi : "Vous parlez ou chantez mal, puisque vous provoquez une lésion ou une congestion de votre larynx. Mais je n'ai pas de raison de vous opérer, Je vous envoie chez un orthophoniste qui vous apprendra à émettre les sons".

Si la lésion est plus avancée, il opérera et enverra son patient chez l'orthophoniste, pour vingt ou trente séances de rééducation. S'il est un peu plus pertinent, notamment dans la recherche de l'origine de la lésion, il aura recours à son confrère médecin phoniatre, lequel lui aussi l'enverra chez l'orthophoniste avec peut être des prescriptions un peu plus précises.

Il convient de préciser que, même pour un médecin spécialiste ORL, les notions de couverture des sons ou d'impédance rapportée, qui sont bien écrites dans les livres de médecine, sont un vague souvenir, car cela représente la partie infinitésimale de la pratique quotidienne du praticien. Faites le test si vous ne me croyez pas : posez leur la question sur ces deux termes.

Les études d'orthophonie durent 5 ans, et il apparait que les troubles de la parole et du langage, la dyslexie et la rééducation fonctionnelle orientée vers les enfants et les grands opérés du larynx occupent la plus grande partie des études …et de la pratique. Le fonctionnement du larynx aux grandes intensités n'a pas été étudié, sinon peu et en tous les cas le distinguo entre voix et larynx n'a pas été précisé. Or on peut avoir une voix correcte avec un mauvais lrynx et une voix horrible avec un larynx en parfait état et cela n'est pas enseigné. J'en ai la preuve.

Si le patient ne sait pas souffler, il apprendra. Il pourra aussi apprendre à projeter le son dans les résonateurs, et à articuler les phonèmes. Si là seulement se situent ses problèmes, la médecine et ses praticiens auront sauvé sa voix. Des phoniatres sont en mesure d'aller plus loin dans la rééducation, ainsi que quelques orthophonistes spécialisés, mais il faut les connaître.

Mais, au risque d'intriguer ou étonner, notre expérience nous a amenés à constater que certains patients suivent ce circuit médical médecin-chirurgien-rééducateur plusieurs fois, et se représentent donc devant leur médecin avec "à nouveau" des nodules ou une fuite, symptômes évidents de forçage et d'une mauvaise phonation.

. Notre propos ne sera pas d'incriminer le corps médical. Son utilité pour établir le diagnostic et soigner ce qui est physiologiquement détruit n'est pas contestable.

Il convient surtout, à mon avis, que le patient parvienne à comprendre "pourquoi" il est entré dans le cercle infernal du dysfonctionnement de son larynx, l'amenant à faire du "forçage", fatiguer ou blesser sa voix, et retomber dans ce processus. De nombreuses causes peuvent co-exister. C'est cela qu'il faut chercher, et je suis prêt à vous y aider.

Depuis quelques années, certains praticiens plus directement concernés et intéressés par les maladies spécifiques au monde des arts se sont constitués en association, et reflechissent sur la formation de spécialiste. La Médecine des Arts est en train de naître...pas trop tôt.

Sauf avis contraire, après avoir beaucoup voyagé notamment dans des pays hispanophones et anglophones où on ne rencontre pas autant ce phénomène, j'émets l'hypothèse que la (mauvaise) prononciation du français a une part importante dans cette situation.

Par raccourci, il y aurait là une partie de la réponse à la question : pourquoi y a t-il si peu de bons chanteurs français, en comparaison des pays voisins Italie, Allemagne, Espagne, Grande Bretagne, Russie dont on peut affirmer qu'après tant de siècles de guerres et d'invasion réciproques, ils sont génétiquement nos "frères".

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. EXPLIQUONS NOUS

La parole s'apprend dans les premières années de la vie par l'observation des sons produits par les parents et du résultat obtenu : bobo, bébé, pipi, aboir, dodo et d'autres. Ces phonèmes sont produits en France sans accent tonique, donc sans projection du son dans les résonateurs.

Il n'en est pas de même en Espagne, en Italie ou en Grande Bretagne où les accentuations sont fortes.

Quand une maman appelle son petit ANgelo, IGNAAcio ou HHHENdricks, c'est différent de Florian ou Marion. Plus, les diphtongues de voyelles en anglais ou italien ramènent le son dans le " i ", à une place où résonnent les harmoniques aigues (Honey(ii) a lei(ii). Dans le "honey" d'un enfant anglais, il y a le hhh du souffle, le o de la projection dans les résonateurs, et le eÏ final de l'enrichissement du timbre, c.a.d. "tout" ce que l'orthophoniste tentera de vous inculquer adulte.

Le terme " why " (pourquoi ?) que prononce tout parent anglophone des centaines de fois devant son enfant, comporte tous les ingrédients d'un bon placement de la voix :

- l'avancement des lèvres dans l'intention de prononcer " ou "

- la projection du souffle, larynx ouvert, sans phonation du Hhhhhhhh

- l'occlusion souple du larynx sur le phonème " ou "

- la fausse diphtongue du "ou" au "a" par abaissement du maxillaire inférieur "sans" recul des commissures des lèvres.

- enfin le changement de voyelle a ouverte à voyelle i fermée plus riche, ramenant le son dans les resonateurs avant.

Il faut au rééducateur français des semaines, voire des mois pour faire comprendre au patient devenu aphone toute cette articulation que le bébé anglais a assimilée sans avoir besoin de comprendre.

Au dessous de la Garonne, la pratique du " e " muet sonorisé, ajoutée à l'accent très tonique de la région, permet un meilleur placement du timbre. Quand autour d'un terrain de " rruby ", on encourage les " gonnnzeu ", en buvant un verre de vin(ng) sorti du fut(teu), tout en remplaçant les virgules des phrases par "putainggg et les points d'exclamation par congggg, le timbre(eu) s'enrichit et à Toulouse ou Biaritz, cela donne des bons chanteurs. CQFD. Tel est notre avis actuel, et telle est notre expérience pédagogique depuis plus de 30 ans, bien qu'il ait été réfuté par un brillant Phoniatre…à l'accent inconscient de la langue d'Oc ! !.et qui enseigne cependant le INGGGG ..

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